L’augmentation mammaire par prothèses est-elle risquée en 2019 ?

L’augmentation mammaire par implants est-elle aujourd’hui risquée ? Favorise-t-elle l’apparition d’un cancer ? La question est à nouveau posée depuis quelques semaines, la presse se faisant l’écho d’un nouveau « scandale » relatif aux prothèses mammaires, et aux risques associés. En ligne de mire : les implants macro texturés. Les chiffres laissent en effet penser que le port d’implants mammaires macro texturés augmenterait le risque de développer un LAGC (Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules), Il s’agit d’un lymphome local différent du lymphome classique. Celle pathologie exceptionnelle est liée à la pose d’implants mammaires à paroi texturée, une nouvelle pathologie plutôt rare affectant le système immunitaire. Ce risque est-il important ? Est-il possible en 2019 de recourir à une augmentation mammaire par prothèses sans danger ?

Les porteuses d’implants mammaires en France, à ce jour

La situation

L’augmentation mammaire par prothèses en quelques chiffres

En France, les femmes sont entre 400.000 et 500.000 femmes à porter des prothèses mammaires. Les implants texturés occupant 85% du marché français, la plupart d’entre elles en porte. Les prothèses à enveloppe lisse se disputent les 15% restants.

Le renouvellement

Ministre de la Santé, Agnès Buzyn rappelait récemment que « En moyenne, les femmes ont trois implants au cours de leur vie ». En effet, l’espérance de vie d’une prothèse mammaire est minimisée du fait « que l’implant se fissure », et qu’il « peut y avoir des fuites », etc.

Le problème : le LAGC

Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un lymphome local différent du lymphome classique. Celle pathologie exceptionnelle est liée à la pose d’implants mammaires à paroi texturée. Au 24 novembre 2018, nous recensions près de 56 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules depuis 2011. Ces femmes atteintes de LAGC portaient pour la plupart des implants à enveloppe texturée.

La réalité des chiffres, le risque réel

Interrogé par France inter en sa qualité de contributeur dans le cadre de la gestion du scandale des prothèses PIP par les autorités sanitaires, le Dr Lantierri indique que l’augmentation du nombre de cas de LAGC « représente 10 nouveaux cas pour 60 000 prothèses mammaires posées en un an environ. » Sachant qu’à peu près la moitié de ces implants sont des prothèses macro texturées, on peut objectivement considéré qu’il y a 10 nouveaux cas sur 30 000 implants macro texturés, soit environ 1 sur 3000… Lorsque l’on parle de risque de développer un cancer via le recourt à l’augmentation mammaire par prothèses, ces chiffres doivent être pris en considération.

Symptômes et traitements

La moyenne de survenue est de l’ordre de 8 ans après la pose. La symptomatologie débute par un épanchement liquidien autour de la prothèse avec augmentation importante du volume du sein qui nécessite une ponction sous échographie à la recherche du marqueur CD30,on peut parfois constater une masse dans le tissu mammaire ou ganglionnaire. Le traitement du lymphome à son début est le retrait de la prothèse texturée et de sa capsule périprothétique, la patiente pourra ensuite bénéficier d’une nouvelle augmentation mammaire par implants lisses.

La position de l’ANSEM sur le risque relatif à l’augmentation mammaire par prothèses

Un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire

Depuis le 21 novembre 2018, l’ANSEM encourage les chirurgiens à privilégier les implants à enveloppe lisse dans le cadre d’une augmentation mammaire par prothèses. Ayant pris la situation en mains, l’Agence du Médicament a ainsi réuni les 7 et 8 février derniers un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire composé de 8 experts. Après 2 jours de concertations, auditions et débats sur le thème de "La place et l’utilisation des implants mammaires texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice", ces derniers ont apporté des conclusions mitigées.

Les conclusions du CSST sur le recours aux implants texturisés

Dans le cadre de la chirurgie esthétique, la prothèse mammaire macro texturée reste « une option » qu’il s’agit de limiter et d’encadrer par l’apport "d’une information rigoureuse et complète des patientes sur ces dispositifs médicaux". Les chirurgiens doivent également recevoir une "information plus systématique des autres professionnels de santé susceptibles de suivre des patientes porteuses d’implants mammaires texturés quant aux risques induits par ces dispositifs". Agnès Buzyn ajoute que les femmes doivent être vigilantes : "Quand on a le moindre signe au niveau d’un sein - une inflammation, une douleur, un sein qui grossit - il faut aller consulter."

Que faire ?

La société française de chirurgie plastique SOFCPRE et l’American Society of Aesthetic Plastic Surgery ne recommandent pas l’explantation systématique des patientes porteuses d’implants texturés, mais une surveillance clinique et échographique.

L’augmentation mammaire par prothèses selon le Dr L.Halimi, chirurgien esthétique à Paris

Dans le cadre des interventions d’augmentation mammaire par prothèses, le Dr Laurent Halimi utilise exclusivement des prothèses mammaires lisses, conformément aux recommandations de l’ANSEM. 

Pour en savoir plus sur l’augmentation mammaire par prothèses ou par lipofilling, nous vous suggérons de lire les articles suivants :
L’augmentation mammaire par prothèses
4 questions à se poser pour bien choisir ses prothèses
Comment avoir de beaux seins

Le mot du Dr Halimi

D’après les statistiques de l’American Society of Aesthetic Plastic Surgery, le risque effectif est de 1 pour 82000 pour des implants micro texturés, et de 1 pour 3200 pour des implants macro texturés. Il convient de rappeler que le risque relatif aux implants lisses est nul. Je recommande à toutes les patientes porteuses d’implants mammaires de se faire suivre si possible par le chirurgien qui les a opérées, ou de consulter un chirurgien plastique munie d’une mammographie de contrôle ainsi que des références des implants posés. Selon l’ancienneté des implants, de leur aspect radiologique et esthétique, une discussion sera ouverte de manière réfléchie sur l’éventuelle nécessité de les changer. Dans tous les cas, il convient de ne pas céder à la panique sur ce type de pathologie très rare. La décision d’intervenir dépend d’arguments cliniques (douleurs, gonflement du sein, rougeurs) ainsi que de signes radiologiques (épanchement liquidien autour de la prothèse).

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